Le peintre Stéphane Mériaux ouvre son atelier aujourd'hui à Ascq

Publié le 16/10/2011 à 05h32

Le conseil général du Nord fête ce week-end la quatorzième édition de l'opération « Portes ouvertes des ateliers d'artistes ».

Le peintre Stéphane Mériaux ouvre son atelier aujourd'hui à Ascq

-     L'occasion de découvrir, au plus près du lieu de création, des oeuvres simples et directes, touchantes ou déroutantes, sans passer par l'intermédiaire d'une galerie ou d'un musée, des endroits toujours un peu intimidants.

Dans la région, ce sont près de mille artistes qui participent à cette nouvelle édition, au sein de 533 ateliers.

Pour Stéphane Mériaux, peintre du quartier d'Ascq, c'est l'opportunité d'accueillir un plus large public. L'artiste ascquois enseigne les arts plastiques et peint depuis trente ans. Au fil des années, il a évolué dans la matière, le tactile remplaçant la peinture.

Ses toiles sont aujourd'hui conçues avec des tissus récupérés, associant la matière et la couleur. Suite à un voyage l'an dernier à Amsterdam, Stéphane Mériaux a choisi un thème central : « Intérieur et extérieur hollandais ». Il travaille sur l'espace bidimensionnel et tridimensionnel sur lesquels viennent se greffer des personnages.

L'environnement prend le dessus sur les personnages en modèles réduits. La luminosité et la couleur l'emportent également dans les tableaux réalisés.

Cette magnifique exposition reste visible aujourd'hui dimanche, de 10 heures à 19 heures, au 21, rue Gaston-Baratte. Entrée libre. • P. L. (CLP)

La Voix du Nord



Stéphane MERIAUX, par Michaël GRABARCZYK
2003
(Mon blog : http://m.grabarczyk.over-blog.fr )


Admirablement colorées et très harmonieuses, ainsi apparaissent de prime abord les œuvres de Stéphane Mériaux. Si les couleurs dominantes se limitent souvent aux trois primaires et les motifs retenus aux carrés, triangles ou cercles, il existe bien une profondeur, un engagement sincère de l’artiste. Cette sincérité s’affirme dès lors que l’on daigne s’arrêter devant le travail, car elle réunit rigueur de conception et démarche sensitive.

Bien qu’il se méfie de la spontanéité immédiate, Stéphane Mériaux ne réalise aucune étude préparatoire : son inspiration s’épanouit au contact de moyens constructifs qui amènent à la planification et à l’ordonnance de la substance artistique. Pour cela, Mériaux simplifie et réduit son vocabulaire formel à un unique élément syntactique, le carré, qui répète la surface quadrangulaire du support. Son agrandissement et son rapetissement progressifs et répétés fondent toute la construction de l’œuvre ; la délimitation du tableau étant à la fois l’unité de base et le champ central de lecture.

Cette économie de moyens s’appuie tant sur la régularité de cet élément constructif que sur le nombre de variations possibles qu’elle propose. Les différentes tailles des tableaux offrent également une grande variété de représentations au gré des variations de couleurs. Une fine bande autour du support relève les effets et renvoie notre regard vers le centre. Là, par son caractère matériel, la couleur révèle une nouvelle surface. Tantôt plane, tantôt accidentée, cette dernière semble redoubler la surface réelle première la recouvrant.

Ce besoin d’hétérogénéité picturale conduit Stéphane Mériaux à exploiter les ressources tactiles de la matière en s’intéressant aux combinaisons optiques qui résultent des jeux de la texture, des épaisseurs multiples que la diversité des fabrications textiles met sur le marché. Il sait tirer de remarquables effets lumineux et sensoriels dans ses compositions, en recourant aux tissus d’ameublement qu’il maroufle directement sur la toile. En peignant par-dessus il exalte le matériau en soi, ses propriétés spécifiques.

Le tissu est une matière qui se prête, selon l’origine de ses composés, les structures que forment ses fibres à des variations pour le moins aussi nombreuses et nuancées que celles qui distinguent, aux yeux d’un sculpteur, les qualités respectives d’un marbre, d’un granit ou d’une argile. Semblables aux pierres dures ou tendres, aux bois denses ou friables, certains tissus dans l’œuvre de Mériaux apparaissent lisses ou résistants, d’autres raboteux au doigt, pelucheux ou soyeux ; certains absorbent toute invasion picturale, en nourrissent leur métamorphose, d’autres au contraire les rejettent.

L’art de Stéphane Mériaux mêle ainsi rationalité et sensibilité, condition et but de l’œuvre. Ce phénomène de duplicité de l’œuvre dans la rencontre de la raison et du sentiment suppose une convergence d’éléments que d’autres artistes au contraire dissocient. Entre la rigueur conceptuelle et l’accident matériel, la dimension spirituelle et celle décorative, l’intime et le dévoilé, toute interprétation demeure ambiguë parce qu’elle correspond à l’ambivalence même de l’œuvre.

Exposition du 29 avril au 07 juin 2003 à  LA SECU, Lille