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Stéphane
Mériaux |
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Stéphane
MERIAUX, par
Michaël GRABARCZYK |
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Bien qu’il se méfie de la spontanéité immédiate, Stéphane Mériaux ne réalise aucune étude préparatoire : son inspiration s’épanouit au contact de moyens constructifs qui amènent à la planification et à l’ordonnance de la substance artistique. Pour cela, Mériaux simplifie et réduit son vocabulaire formel à un unique élément syntactique, le carré, qui répète la surface quadrangulaire du support. Son agrandissement et son rapetissement progressifs et répétés fondent toute la construction de l’œuvre ; la délimitation du tableau étant à la fois l’unité de base et le champ central de lecture. Cette économie de moyens s’appuie tant sur la régularité de cet élément constructif que sur le nombre de variations possibles qu’elle propose. Les différentes tailles des tableaux offrent également une grande variété de représentations au gré des variations de couleurs. Une fine bande autour du support relève les effets et renvoie notre regard vers le centre. Là, par son caractère matériel, la couleur révèle une nouvelle surface. Tantôt plane, tantôt accidentée, cette dernière semble redoubler la surface réelle première la recouvrant. Ce besoin d’hétérogénéité picturale conduit Stéphane Mériaux à exploiter les ressources tactiles de la matière en s’intéressant aux combinaisons optiques qui résultent des jeux de la texture, des épaisseurs multiples que la diversité des fabrications textiles met sur le marché. Il sait tirer de remarquables effets lumineux et sensoriels dans ses compositions, en recourant aux tissus d’ameublement qu’il maroufle directement sur la toile. En peignant par-dessus il exalte le matériau en soi, ses propriétés spécifiques. Le tissu est une matière qui se prête, selon l’origine de ses composés, les structures que forment ses fibres à des variations pour le moins aussi nombreuses et nuancées que celles qui distinguent, aux yeux d’un sculpteur, les qualités respectives d’un marbre, d’un granit ou d’une argile. Semblables aux pierres dures ou tendres, aux bois denses ou friables, certains tissus dans l’œuvre de Mériaux apparaissent lisses ou résistants, d’autres raboteux au doigt, pelucheux ou soyeux ; certains absorbent toute invasion picturale, en nourrissent leur métamorphose, d’autres au contraire les rejettent. L’art
de Stéphane Mériaux mêle ainsi rationalité et sensibilité, condition
et but de l’œuvre. Ce phénomène de duplicité de l’œuvre dans la
rencontre de la raison et du sentiment suppose une convergence d’éléments
que d’autres artistes au contraire dissocient. Entre la rigueur
conceptuelle et l’accident matériel, la dimension spirituelle et
celle décorative, l’intime et le dévoilé, toute interprétation demeure
ambiguë parce qu’elle correspond à l’ambivalence même de l’œuvre. Exposition
du 29 avril au 07 juin 2003 à LA SECU, Lille |
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